Un-apologetic


Just yesterday it happened again. It was not the first time. And it certainly will not be the last time. But it is tiring, every time around.

I speak about a certain kind of cis-het christian asking, no, inquiring about how we, queer people, reconcile our “lifestyle” with the teachings of the Bible. Ever so often, this question is more than just a simple, innocent question to gain some insight: often, it carries an implicit judgment – your lifestyle cannot be reconciled with the Bible, right? Come on, defend yourself.

And so the Bible gets turned into a weapon, something it was never intended to be. And first of all, it is not our job to educate those who don’t agree with us. So much has been written and done already by authors and theologian for which I’ll forever be grateful, so many sources are available readily for those are truly looking for answers that it is not our job to do that work.

Continue reading “Un-apologetic”

Godhunter


Could be the title for a movie, a series, or even a game, right? Well, let me tell you: I’m on a quest for God.

I grew up much without religion: no church or synagogue, or anything else until my mother converted to christianity and I experienced a kind of culture shock when I was thrown into the bath of a Toronto-blessing avid pentecostal church community with megachurch ambitions.

Not everything there was bad, but a lot was surprising, strange, and I somehow didn’t fit in – though I tried my best to do so. With my mother we went to another christian community alongside that one, and both together made for an astonishing mix of teachings – and unfortunately I’d say, for the most part, quite an unhealthy one.

Continue reading “Godhunter”

All priests, all lovers, all holy beloved


Even though they reject you
God welcomes you, with arms wide open
Even though they make your heart bleed,
God will heal the wounds of your deepest being.

Even though they question your worth and your dignity,
In God’s hands you more than precious diamonds,
more than all the beautiful treasures of the world
and your worth is infinite, like that of all of God’s children.

Even though the reject your love,
it is beautiful and holy,
being birthed eternally out of God’s heart,
Reflecting divine love like a river of grace and passion.

All priests, all lovers, all holy beloved-
all created in the image of the Divine
down to the core of our being
the Church is not God – and God is with You.

Shameless


I’m totally shameless
unafraid
I’m totally shameless

Keep your purity, your rules, and your cages,
you who are unconcerned
who legislate over the lives of others

I am a proud woman who loves women

My God is indecent
because he loves me
and embraces me
the way I am

A traitor to that love I would be
if I would let you cage me again

My parents were slaves in Egypt,
slaves on the cotton plantations

Cursed will I be
if you make me a slave again
to your rules and regulations
rooted in your prejudice and biased readings.

I am shameless,
indecently and queerly loved
by God/de.

Dieu est Amour; Dieu est Eros.


La lecture est un de mes passe-temps préférés, même si je lui consacre bien trop peu de temps.

Mais parfois, seulement quelques mots ou quelques phrases peuvent déjà donner à réfléchir pendant toute une nuit, ou une journée. Telle est la richesse des mots et des phrases alignées…

Et certaines choses, il ne suffit pas seulement de les penser, il faut les méditer et les ressentir, lâcher les amarres et oser laisser aller pour les expérimenter. Il en est ainsi avec l’amour de Dieu.

Quand on entend « amour de Dieu », on pense souvent à un amour gentil, tendre, bienveillant.

Il est tout cela : c’est un amour plein de tendresse, qui veille sur nous, qui veut notre bien, et uniquement cela, un amour tendre qui ne nous force pas, un amour gentil qui nous respecte, et qui honore toute notre personne car il nous a créé et ne veut pas nous briser.

Mais il est aussi bien plus que cela.

Cet amour est plus que seulement philia et agape ; l’amour de Dieu est aussi éros, l’amour passionné. L’amour passionné qui s’enflamme pour chacune, chacun d’entre nous, qui brûle et se consume de désir ardent pour nous, et pour notre amour en retour, et qui n’attend que cela. Ce n’est pas un amour chaste, car, indécemment, il se met à nu, vulnérable, exposé, il court à notre rencontre, le bras grands ouverts pour nous accueillir en lui et lui en nous.

C’est l’amour d’une mère, d’une lionne, d’une ourse qui défend ses enfants; l’amour d’une femme qui se pare et se fait belle pour que tous les regards se tournent vers elle. L’amour farouche qui défend ce qui lui est cher – jusqu’à la mort.

C’est un amour si grand, si fort, plus fort que tout, plus fort que la vie, que la mort, qui se donne, qui s’offre, qui se dépouille afin de donner la Vie; le Christ – l’amour qui vainc la mort, pour donner la Vie, à tous, librement. L’amour fou. Sans limites, offert à tous, sans préjugés, à flots, comme un brasier, comme un amant – l’amante de nos âmes, nos corps, nos êtres tous entiers, tels que nous sommes.

Dieu est Queer


Hier soir, alors que je lisais, j’avais une pensée inouïe: Dieu est queer.

Et je vais simplement mettre ici quelques idées en vrac.

Je lisais sur la théorie queer; de nombreux théoriciens queer refusent même de dire ce qu’est la théorie queer, en arguant qu’elle résiste à la définition même, et qu’elle est impossible à capturer.

Cela m’a bien sûr fait penser à Dieu tout de suite.

Dieu, assurément, est impossible à capturer et résiste d’une certaine manière à la définition.

Nous pouvons essayer de le définir, ou mieux, de décrire Dieu avec nos mots, images et toutes sortes de comparaisons. La Bible contient beaucoup de telles images, et les croyants ont utilisé et inventé de nombreuses images et métaphores pour parler de Dieu pour transmettre leurs idées, leurs perceptions et leurs expériences. Beaucoup d’entre eux sont d’une grande beauté et sont très forts, et nous parlent encore aujourd’hui.

Et pourtant, Dieu résiste à la définition, car Dieu dépasse toujours tout ce qu’on peut dire sur lui, tout ce qu’on peut imaginer à son sujet. Dieu a créé les êtres humains à son image, hommes et femmes, il les a créés ; en tant que tel, les deux genres sont à l’image de Dieu et Dieu les contient tous les deux.

J’irai même plus loin : en disant que Dieu a créé les cieux et la terre, nous voulons dire qu’il a aussi créé tout ce qui est entre les deux ; quand nous disons que Dieu a créé la terre et l’eau, nous voulons dire qu’elle a aussi créé tout ce qui est entre les deux. Ainsi, lorsque nous disons que Dieu a créé un homme et une femme, il a également créé tout ce qui est entre les deux.

Avec cela, Dieu contient tous les genres, tous les non-genres, tous les genres entre les genres – et est tout pour tout le monde.

Mais ce n’est pas, ou pas seulement, pourquoi je dis que Dieu est queer. Et je ne dis pas non plus que Dieu est queer pour exclure ceux d’entre nous qui ne le sont pas[1].

Dieu est elle-même queer pour plusieurs raisons. Dieu est Celui qui transgresse les limites que les autres – ou nous-mêmes – ont mises en place. Limites et frontières entre les gens, limites à l’intérieur de nous-mêmes, barrières entre nous et le Divin. Transgressant ces frontières, Dieu nous permet simplement d’être, d’exister simplement, comme nous sommes, comme je suis. Ce faisant, un espace est créé dans lequel différentes relations peuvent être vécues : verticale et horizontales, avec Dieu, avec les autres et aussi avec notre (vrai) soi.

Dieu est également queer dans la mesure où, par cette impossibilité de définition définie, il laisse une marge d’expérimentation. Il y a place pour des essais et des erreurs, car cet espace est rempli d’une gracieuse générosité. Cette grâce permet des doutes, des questions, des échecs et tout ce qui nous rend humain.

Enfin, Dieu est queer dans le sens où, comme dans la théorie et l’activisme queer, il existe un appel à l’action. De même, il lance un appel à l’action et nous présente une éthique à respecter. Ce n’est pas une éthique de « se tenir à l’écart en prétendant d’être plus saint qu’autrui ou vouloir le devenir », mais une exigence qui exige d’être aux côtés de ceux qui luttent, d’être leur allié, de défendre la dignité des gens, d’accompagner les autres dans leurs voyages et d’être une main tendue en cas de  besoin, et se lever contre la violence sous toutes ses formes – et si possible, de manière non conventionnelle: queer.


[1] Mon objectif n’est pas de créer une distinction entre ceux qui se décrivent comme «queer» et ceux qui ne le font pas – ce n’est pas eux contre eux, ni nous contre eux.

Soyons hérétiques!


Je me sens comme une sorte d’hérétique maintenant.

Sortir des confins de la foi et de la pratique évangélique après tant d’années donne ce genre de sentiment. Mais au lieu de me sentir comme un petit enfant, perdu dans la jungle asphaltée d’une grande ville polluée et menaçante, je me sens plutôt libre, me tenant au bord d’une forêt accueillante mais dense, ou mieux encore, d’une chaîne de montagnes à gravir. L’ascension peut être raide et fatigante par moments, et on espère qu’aucun accident n’arrivera, mais ce sera un voyage passionnant. Arriver un jour au sommet (s’il y a une telle chose dans ce cas) en vaudra la peine, tout comme la vue tout au long du parcours.

Le mot hérétique semble un peu drastique ou effrayant, mais si on le regarde, en fait, ça va…. Il a juste mauvaise presse. Si c’est une insulte, alors je l’accepte volontiers pour l’instant.

Un hérétique? Une hérétique, ou plutôt une hérésie, est une croyance qui diffère (ou diffère fortement) des croyances et des coutumes établies, de la soi-disant «norme» des organisations religieuses établies telles que les églises. En ce sens, il diffère de l’apostasie (renonciation explicite) ou du blasphème (insulte volontaire de Dieu, de croyances ou d’un objet sacré par des mots ou des actions).

Continue reading “Soyons hérétiques!”